Coronavirus : doit-on craindre les chauves-souris ?

Publié le 31-03-2020 dans la section Santé-Médecine Bibliothèques

Alors que - depuis plusieurs semaines – nous assistons à la propagation d’un nouveau coronavirus particulièrement agressif, les autorités sanitaires tentent d’identifier le réservoir initial de l’agent pathogène (2019-nCoV) à l’origine de la pandémie de COVID-19. Comme dans les cas précédents, La chauve-souris est largement suspectée.

Il y a près de 18 ans, le 16 novembre 2002, les chauves-souris du genre Rhinolophus ont été à l’origine de l’épidémie liée au SRAS - un coronavirus des plus meurtriers (à l’époque) - qui a fait 916 victimes dans le monde. Cela s’est produit à Foshan, dans le Guangdong, en Chine, une ville située à environ 1 000 km de Wuhan, l’épicentre originel de l’épidémie actuelle.

Cette proximité géographique n’est pas une coïncidence. Les agents pathogènes Tylonycteris HKU4 et Pipistrellus HKU5, liés à la pandémie du MERS-CoV, ont été identifiés pour la première fois en Chine, en 2006, chez des chauves-souris.

En raison de la répartition naturelle des chauves-souris en Chine continentale et de l’étonnante diversité des coronavirus qu’elles abritent, il n’est pas surprenant que ce type d’infections prenne naissance dans ce pays. Des recherches récentes suggèrent que le prochain coronavirus sera très probablement transmis à l’homme par le même biais. Il nous faudrait donc consacrer plus de temps à l’étude des coronavirus chez les chauves-souris.

GIDEON (Global Infectious Diseases and Epidemiology Network ou réseau mondial sur les maladies infectieuses et l’épidémiologie) répertorie dix-huit maladies infectieuses connues pour être transmises par les chauves-souris. Deux d’entre elles, le SRAS et le MERS, sont des formes de pneumonie causées par des coronavirus similaires à l’agent qui fait actuellement des ravages dans le monde. Peu de personnes savent que les chauves-souris sont également un réservoir pour le virus de la rage et d’autres maladies connexes en Europe, aux États-Unis, en Amérique du Sud, et même en Australie. Elles jouent également un rôle dans la transmission des maladies causées par les virus Ebola et Marburg en Afrique.

Alors que certaines de ces maladies sont causées par des morsures de chauves-souris, d’autres résultent de l’ingestion de fruits, jus de fruits… contaminés par les sécrétions (urines, excréments…) de ces animaux. Dans de nombreux cas, l’homme peut même être infecté en respirant de l’air contaminé dans un espace clos. Une de ces maladies, l’histoplasmose, est souvent contractée lors de l’exploration de grottes de chauves-souris en Amérique latine.

Cet aperçu a été rédigé à partir d’informations provenant de GIDEON, la principale base de données internationale sur les maladies infectieuses. GIDEON est une source d’informations factuelles récentes pour le diagnostic, le traitement, l’éducation et la formation en matière de maladies tropicales et infectieuses, d’épidémiologie et de microbiologie.

À propos de l’auteur Dr. Stephen A. Berger., co-fondateur de GIDEON Informatics
Le Dr Stephen A. Berger est affilié au centre médical de Tel-Aviv, où il a occupé les postes de directeur du service de médecine géographique et de directeur du service de microbiologie clinique. Il est également professeur émérite de médecine à la faculté de médecine de l’université de Tel-Aviv. Le Dr Berger est co-fondateur de GIDEON Informatics, l’organisation qui a développé l’application web GIDEON (Global Infectious Diseases and Epidemiology Network) et la collection de livres numériques produite par GIDEON.

Consulter GIDEON pour en savoir plus

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