COVID-19 : Réponses aux 10 questions les plus fréquemment posées

Publié le 13-05-2020 dans la section Santé-Médecine

Dans cet article, l’équipe DynaMed répond à dix des questions les plus fréquemment posées sur le nouveau coronavirus (Sars-CoV-2) et le COVID-19.

1. Se retrouver dans une salle d’attente où se trouve une personne présentant des symptômes similaires à ceux du COVID-19 entraîne-t-il un risque élevé d’exposition ?

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) considère que le risque d’être exposé au virus en étant assis dans la même salle (d’attente ou de classe) qu’une personne présentant des symptômes est faible si certains gestes barrières sont respectés. Les personnes présentes dans une salle commune doivent notamment porter un masque et se tenir à bonne distance (1 à 2 mètre(s) minimum) les unes des autres.

2. Peut-on attraper le COVID-19 si on l’a déjà eu ?

Il a été établi que les patients infectés par le coronavirus produisent des anticorps. Toutefois, on ne sait pas encore très bien combien de temps cette protection dure après leur guérison. Les premières études menées sur des macaques ont montré une immunité à court terme chez les primates, mais ces premiers résultats doivent encore être vérifiés par les experts. Un examen des données relevées chez les personnes guéries des épidémies de SRAS (taux de mortalité de 11 %, 2002) et de MERS (taux de mortalité de 39 %, 2012) pourrait aider à la mise au point d’un vaccin. Cependant, on sait que les coronavirus sont des virus à ARN qui mutent rapidement, ce qui signifie que l’immunité peut être temporaire (pour cette raison, par exemple, les vaccinations contre la grippe sont nécessaires chaque année).

3. Combien de temps le coronavirus survit-il dans l’air et sur les surfaces ?

Le Sars-CoV-2 peut survivre dans l’air pendant plusieurs heures et sur les surfaces pendant plusieurs jours. La demi-vie médiane du virus sous forme de particules aérosolisées est d’environ une heure, mais il peut survivre dans l’air plusieurs heures. Des tests in vitro ont montré que le Sars-CoV-2 peut survivre jusqu’à 72 heures sur le plastique et l’acier inoxydable, jusqu’à 24 heures sur le carton et jusqu’à 4 heures sur le cuivre. Cependant, il n’y a pas encore d’informations claires sur la charge virale nécessaire pour entrainer une infection. Ainsi, même si des particules virales ont été décelées sur un emballage carton, par exemple, on ignore si ces traces sont suffisantes pour entrainer une infection des voies respiratoires (NEJM).

4. Quelle est l’efficacité des masques alternatifs en tissu par rapport aux masques chirurgicaux en ce qui concerne la prévention de la transmission du Sars-CoV-2 ?

Il existe peu d’éléments permettant d’évaluer l’efficacité de l’utilisation de masques en tissu dans le contexte du COVID-19 (taille estimée à 0,12 micron). Les masques faits maison (sans filtre) peuvent empêcher la transmission de certaines particules, mais ils sont bien moins efficaces que les masques chirurgicaux lorsqu’il s’agit de prévenir la transmission de la grippe, par exemple (BMJ Open 2015). Cependant, des indices tendent à prouver que certains matériaux sont plus utiles que d’autres dans ce contexte. Ainsi, par exemple, il semble que l’efficacité d’un masque en tissu équipé d’un filtre de sac d’aspirateur pourrait se rapprocher de celle d’un masque chirurgical. Bien que ce type de masque ne protège pas en soi de manière significative le porteur, il contribue à réduire la propagation du virus par des individus asymptomatiques et joue un rôle préventif en empêchant le porteur de se toucher fréquemment le visage.

Notons que le masque chirurgical (norme EN 14683) est un dispositif médical qui permet d’éviter la projection des gouttelettes émises par celui qui le porte vers les personnes qui l’entourent. Il protège également celui qui le porte contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. En revanche, il ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air.

5. Le COVID-19 disparaitra-t-il quand les températures augmenteront ?

Il n’existe actuellement aucune preuve que le réchauffement climatique réduira le nombre de cas de COVID-19. Il apparait d’ailleurs que le nombre de cas augmente de manière exponentielle même dans les régions du monde où les températures sont plus élevées, telles que l’Amérique du Sud et l’Afrique. Cependant, par le passé, il a été démontré que la transmission du MERS était parfois aggravée par le froid et le vent (BMC Infect Dz). En outre, on suppose également que d’autres facteurs saisonniers non liés à la météo (par exemple les vacances scolaires) pourraient exacerber la pandémie actuelle de COVID-19 (Swiss Med Weekly, 16 mars 2020).

6. Les enfants peuvent-ils être contaminés par ce nouveau coronavirus ?

Oui, ce coronavirus touche également les enfants. Des données en provenance de Chine indiquent que jusqu’à 16 % des enfants infectés ne présentent aucun symptôme. La plupart des enfants touchés ne présentent que des symptômes légers. Cependant, un petit pourcentage, en particulier ceux qui souffrent d’autres maladies sous-jacentes, développent des symptômes plus graves, qui nécessitent des soins intensifs. On dénombre également des décès dus au COVID-19 chez les enfants (NEJM 18 mars 2020 et NEJM 12 mars 2020).

7. Les mères de nourrissons doivent-elles cesser d’allaiter si elles présentent des symptômes de la maladie ou si elles sont testées positives ?

Bien que nous ne maitrisions pas encore tous les aspects de la propagation du Sars-CoV-2, il ne semble pas être présent dans le lait maternel. Les mères qui ont été contaminées par le CoV-SAR ou qui attendent les résultats d’un test de dépistage doivent être particulièrement prudentes lorsqu’elles allaitent. Elles doivent, par exemple se laver les mains avant de donner le sein, porter un masque chirurgical ou alternatif pendant l’allaitement et, si possible, tirer leur lait puis demander à une tierce personne de donner le biberon à leur enfant (CDC, ACOG, OMS, UNICEF).

8. Un test négatif signifie-t-il de façon catégorique que l’on n’est pas contaminé par le Sars-CoV-2?

Lors de l’interprétation des résultats des tests de COVID-19, la probabilité et la prévalence des tests précédents doivent être prises en compte. À moins que la précision d’un test ne soit de 100 % (et les estimations actuelles pour le Sars-CoV-2 sont d’environ 70 à 80 %), un test négatif ne peut pas permettre d’exclure la maladie de façon catégorique, notamment si la prévalence et la probabilité d’une contamination sont élevées. La possibilité d’un faux négatif doit être considérée, en particulier si le patient a récemment été exposé à la maladie et si la présentation clinique et les symptômes du patient suggèrent la présence d’une contamination par le COVID-19. Compte tenu de ces limites, la prévalence réelle de la contamination par le COVID-19 est certainement bien plus élevée que celle qui est détectée.

9. Les patients atteints de COVID-19 doivent-ils continuer à prendre les médicaments antihypertenseurs (inhibiteurs de l’ECA ou ARA) qui leur sont habituellement prescrits ?

Le Sars-CoV-2 utilise les récepteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2 (ECA 2) pour pénétrer les cellules respiratoires et cardiaques. L’utilisation d’inhibiteurs de l’ECA et de médicaments de la classe des ARA a montré des modifications des récepteurs de l’ECA2 sur les animaux mais il n’existe pas d’études cliniques présentant des résultats en rapport avec l’utilisation de ces médicaments. L’American Heart Association et l’American College of Cardiology recommandent actuellement la poursuite de l’utilisation des inhibiteurs de l’ECA et des ARA étant donné les bénéfices cardioprotecteurs qui en ressortent.

10. L’ibuprofène peut-il être utilisé sans danger si l’on est malade du COVID-19 ?

Bien que la science ait suggéré que la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pourrait augmenter l’expression de l’ECA2 (considérée comme le récepteur et la porte d’entrée du virus), certaines preuves disponibles à l’échelle internationale suggèrent que les AINS - dont fait partie l’Ibuprofène -, peuvent être utilisés en cas d’infection par le COVID-19. Malgré une recommandation antérieure de ne pas utiliser d’AINS, l’Organisation Mondiale de la Santé a ainsi révoqué une recommandation antérieure indiquant de ne pas utiliser d’AINS. De même, dans leurs déclarations, les différentes Agences mondiales des médicaments (FDA, EMA, OMS) indiquent que les patients et les institutions médicales peuvent continuer à utiliser les AINS pour le traitement symptomatique de la douleur et/ou de la fièvre.

Notons toutefois, les scientifiques français maintiennent leur mise en garde et invitent à privilégier le paracétamol en respectant la dose maximale de 3 grammes par jour.

Pour plus d’information, consulter le sujet COVID-19 (Novel Coronavirus) dans DynaMed.

La version originale de cet article a été publiée dans l’EBM Focus d’EBSCO. Elle a été rédigée par le Dr Dan Randall, MD, Deputy Editor for Internal Medicine chez DynaMed en collaboration avec le Dr Alan Ehrlich, MD, Executive Editor chez DynaMed et Associate Professor in Family Medicine à la Medical School de l’Université du Massachusetts, par le Dr Katharine DeGeorge, MD, MS, Associate Professor of Family Medicine à l’Université de Virginie et Clinical Editor chez DynaMed, par le Dr.Terri Levine, PhD, Senior Medical Writer in Obstetrics and Gynecology chez DynaMed et par Carina Brown, MD, Assistant Professor à la Cone Health Family Medicine Residency.
L’EMB Focus d’EBSCO (ou Evidence-Based Medecine Focus) est une lettre d’information électronique dans laquelle sont résumés les essais cliniques les plus susceptibles d’éclairer la pratique de la médecine. Les synthèses présentées dans cette publication sont rédigées par les membres de l’équipe éditoriale de DynaMed.

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