Zoom sur le Top 5 des domaines de recherche clinique ajoutés à DynaMed® en 2020

Publié le 19-02-2021 dans la section Santé-Médecine

L’année 2020 restera dans nos mémoires comme étant celle où le monde s’est arrêté net. Depuis, de nombreux laboratoires ont repris leurs activités, certains se sont tournés vers les études COVID-19 et globalement la recherche clinique s’est poursuivie. Découvrez ci-après, les cinq sujets DynaMed® - sans rapport avec la COVID-19 -, dont le nombre de résumés de recherche a le plus augmenté en 2020, ainsi qu’une brève description de certains résultats notables obtenus.

Dermatite atopique

La dermatite atopique (également appelée eczéma) est une maladie inflammatoire chronique de la peau. Récurrente, elle touche 10 à 20 % de la population mondiale. Elle apparaît souvent au cours de l’enfance et peut persister, voir apparaître à l’âge adulte. Bien qu’un traitement conservateur consistant à utiliser des hydratants et à éviter les produits irritants soit la principale approche recommandée, la recherche dans ce domaine est surtout axée sur les médicaments destinés à améliorer les symptômes graves et à prévenir les poussées. Les traitements anti-inflammatoires topiques à base de stéroïdes ou d’inhibiteurs de la calcineurine ont été les piliers de la thérapie de la dermatite atopique récalcitrante, mais plusieurs nouveaux médicaments systémiques ont récemment été évalués.

Le Dupilumab est un anticorps monoclonal qui bloque les cytokines interleukine 4 (IL-4) et IL-13, qui contribuent à la progression inflammatoire des lésions. Alors qu’il est utilisé depuis quelques années pour traiter la dermatite atopique chez les adultes, un nouvel essai randomisé a démontré l’efficacité du Dupilumab associé à des corticostéroïdes topiques chez des enfants dès l’âge de six ans. Deux autres essais publiés en 2020 ont évalué l’Abrocitinib, un inhibiteur de la kinase de Janus (JAK) 1 (Simpson et al et Silverberg et al). Bien que cela reste une thérapie expérimentale, l’Abrocitinib a amélioré la gravité des symptômes chez les adultes et les adolescents atteints de dermatite atopique modérée à sévère. Prises ensemble, ces nouvelles études fournissent la preuve que les nouvelles utilisations de médicaments actuels et de médicaments émergents peuvent être bénéfiques chez les patients souffrant de dermatite atopique récalcitrante.

Insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite

L’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite (ou insuffisance cardiaque systolique) est un syndrome clinique complexe caractérisé par une altération structurelle et/ou fonctionnelle du ventricule gauche. Une diminution de la fonction de la pompe cardiaque entraîne un apport insuffisant de sang oxygéné dans l’organisme, ce qui provoque diverses manifestations allant de la dyspnée à l’œdème. Plusieurs classes de médicaments sont couramment utilisées, notamment les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA) et les bêta-bloquants, mais le pronostic reste mauvais.

En 2020, plusieurs nouvelles études ont porté sur une autre classe de médicaments, les inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2 (SGLT2), chez des patients souffrant d’insuffisance cardiaque avec une fraction d’éjection réduite. Les inhibiteurs des SGLT2 sont couramment utilisés pour abaisser le taux de glucose sanguin chez les adultes atteints de diabète de type 2, mais ils sont également connus pour avoir des effets cardioprotecteurs. Une vaste méta-analyse a montré que les inhibiteurs des SGLT2 réduisent la mortalité chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque et de fraction d’éjection réduite, même chez les patients non diabétiques, révélant ainsi le potentiel d’une nouvelle classe de médicaments dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

Traitement de l’infertilité féminine

Dans le monde entier, la stérilité survient chez environ 15 % des couples en âge de procréer, qui tentent de concevoir un enfant. Chez la femme, les causes d’infertilité peuvent être multifactorielles et inclure un dysfonctionnement ovulatoire - notamment des troubles de l’ovulation et une insuffisance ou une défaillance ovarienne -, des problèmes utérins / cervicaux / péritonéaux ou elles peuvent rester inexpliquées. Le traitement de l’infertilité dépend de la cause sous-jacente et, par conséquent, il varie considérablement. Il existe plusieurs technologies de procréation assistée pour aider les couples souffrant d’infertilité. En 2020, plusieurs études Cochrane, évaluant différentes technologies de reproduction assistée, ont été publiées.

Une étude a évalué la fécondation in vitro (FIV) dans des milieux de transfert d’embryons avec et sans acide hyaluronique, un composé naturel présent dans le corps qui agit comme un agent de liaison pour, pense-t-on, aider à l’implantation de l’embryon. Cette étude a révélé qu’une concentration élevée d’acide hyaluronique (supérieure à 0,5 mg/mL) était associée à un taux accru de naissances vivantes dans une analyse de 10 essais menés auprès de 4 066 femmes. Une autre étude Cochrane a évalué si le nombre d’embryons transférés après une FIV ou une injection intracytoplasmique de spermatozoïdes affectait le taux de réussite et le risque de grossesse multiple chez les femmes souffrant d’infertilité. Cette analyse a révélé que le transfert répété d’un seul embryon était associé à un taux de naissance vivante similaire à celui du transfert de deux embryons au cours d’un seul cycle et entraînait moins de grossesses multiples. Cependant, le transfert d’un seul embryon peut être associé à une probabilité moindre de grossesse et de naissance vivante par rapport au transfert de deux embryons. Les nouvelles recherches dans ce domaine ouvrent des perspectives aux familles qui ont des difficultés à concevoir.

Asthme chez les adultes et les adolescents

L’asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires dont la prévalence varie fortement dans le monde. Malgré un plan de traitement par étapes, 5 à 10 % des patients continuent de présenter des exacerbations qui ne répondent pas à la thérapie. Les options pour ces patients sont limitées et souvent des prises fréquentes ou à long terme de corticostéroïdes à forte dose sont nécessaires. Des données sur de nouvelles options de thérapie combinée dans l’asthme sévère ont récemment été publiées.

L’essai CAPTAIN a montré que la trithérapie Furoate de fluticasone / Vilanterol / Umeclidinium améliorait la fonction pulmonaire par rapport à la bithérapie Furoate de fluticasone / Vilanterol chez les patients souffrant d’asthme modéré à sévère non contrôlé sous corticothérapie inhalée et sous bêta-agoniste à longue durée d’action. Malheureusement, cette combinaison n’a pas réduit les exacerbations. En considérant cette option avec les données des essais TIMARAN et TRIGGER sur l’association béclométasone / formotérol / glycopyrronium, ces options supplémentaires pourraient contribuer à réduire le besoin en corticostéroïdes chez les patients souffrant d’un asthme grave et non contrôlé.

Chirurgie bariatrique chez les adultes

La chirurgie bariatrique peut être un type de traitement pour les patients souffrant d’obésité sévère. Associée à de l’exercice et à une alimentation saine, la chirurgie bariatrique peut entraîner une perte de poids importante et durable, avec une amélioration ou une rémission des comorbidités liées à l’obésité et une augmentation de l’espérance de vie. Les nouvelles recherches dans ce domaine se sont concentrées sur l’évaluation des options de chirurgie bariatrique dans des populations spécifiques telles que les personnes âgées et les patients souffrant de diabète ou d’hypertension.

Une étude systématique publiée en 2020 a montré que la gastrectomie à manchon laparoscopique et le pontage gastrique Roux-en-Y étaient sûrs et efficaces chez les patients de plus de 60 ans, bien que les adultes plus âgés ne perdent pas autant de poids que les jeunes. Une autre revue systématique a révélé que le pontage gastrique Roux-en-Y augmentait la rémission du diabète par rapport à la gastrectomie à manchon chez les adultes souffrant d’obésité et de diabète de type 2. Une autre étude a montré des résultats similaires pour la rémission de l’hypertension. Les recherches futures aideront les patients à décider si et quel type de chirurgie bariatrique ils doivent envisager dans leur plan de soins.

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